Où l'on est
À la rencontre de trois départements
Pied Barret se trouve en Ardèche, sur la commune de Sainte-Marguerite-Lafigère, à 10 km de Villefort et à 20 km des Vans. Le hameau est perché à 550 mètres d'altitude sur les pentes du plateau ardéchois, là où l'Ardèche, la Lozère et le Gard se touchent.
Les pierres de ses murs sont très belles. Ses ruelles en pente, étroites, débouchent sur un panorama sauvage. Le dernier bout de route est une piste abrupte, avec deux épingles — et puis on y est.
Autour, des châtaigniers, des murets de pierre sèche, deux sources, et des voisins avec qui l'association vit en amitié depuis quarante ans.
Ce qu'il y a
Quatre maisons, une grange, une clède
La maison de la Mule, première reconstruite, en 1988. La maison Brès, celle du dernier habitant, où l'on dort, cuisine et mange aujourd'hui. La grange Brès, troisième toit, qui abrite l'atelier. La maison Placide, sous échafaudage, chantier des années à venir. Et les maisons Froment et Péchier, consolidées en attendant leur tour.
Une clède, ancien séchoir à châtaignes. Deux sources remises en fonction. Une réserve d'eau. Et des spots de baignade en contrebas.
Une histoire séculaire
Puech Barres, 1464
Ce que l'on sait du hameau avant 1986 tient aux registres de la paroisse et à la mémoire des voisins. C'est une histoire en partie reconstituée, et on la raconte comme telle.
Le hameau s'appelait Puech Barres — puech a donné puy. Il s'est construit dès le 15e siècle autour de la maison d'un certain Barres, dont le nom figure sur les registres de la paroisse de Sainte-Marguerite-et-Lafigère : « Mas du Puy Barres », en 1464.
Dans ces maisons, granges et clèdes de granit vivaient, dit-on, quatre ou cinq familles aux nombreux enfants. On y vivait durement et pauvrement : de petits troupeaux de chèvres et de moutons, de maigres cultures tenues par des murets de pierre sèche — seigle, vigne, vergers, potagers — puis de l'élevage du ver à soie au 19e siècle. Le châtaignier fournissait depuis le Moyen Âge la base de l'alimentation, le bois de charpente, de menuiserie et de chauffage.
Chaque semaine, à la saison, on attelait le mulet pour aller vendre fruits et légumes aux marchés des Vans ou de Villefort, par un chemin aujourd'hui devenu route départementale.
Le dernier habitant quitte la maison Brès en 1956. Pendant trente ans, la végétation reprend tout.
L'origine du projet
1986 : des jésuites, des laïcs, et un hameau à relever
À partir des années 1960, les jésuites animent plusieurs camps d'été pour des étudiants dans la région, notamment aux Vans. Après 1968, ces camps diminuent fortement mais perdurent. Plutôt que de changer de lieu chaque année, le projet prend forme d'acquérir un site symbolique où continuer ces camps en restaurant un hameau abandonné.
Ce projet s'inscrit dans le Réseau Jeunesse Ignatien, créé en 1984 pour relancer les camps d'été en associant jésuites, religieuses et laïcs. Après de longues recherches, la Compagnie de Jésus découvre Pied Barret. S'ensuit un an de rencontres avec les anciens propriétaires, les habitants et leurs représentants. En juin 1986, la Compagnie acquiert la majeure partie du hameau. Le premier camp a lieu l'été même.
Une association de laïcs, de religieuses et de jésuites est créée pour animer le lieu et garantir l'unité d'orientation au fil des camps : pédagogie ignatienne, travail manuel, sobriété de vie, dimension communautaire. Une charte est rédigée. Elle est encore aujourd'hui la base de la vie à Pied Barret.